QUAND SONNE L'HEURE
mardi 04 mai 2010, 19:08
Comment faire pour connaître l'heure alors que le soleil s'est couché, que la lumière des bougies vacille ? Il faut l'écouter ! S'inspirer des horloges de clocher, puis des horloges portatives pour réaliser un mécanisme complexe, l'adapter à une montre de poche puis à une montre-bracelet, la miniaturiser toujours et encore Et offrir au gré de garde-temps poétiques l'une des complications horlogères les plus sophistiquées. Car les connaisseurs le savent bien : la complexité d'une montre à sonnerie dépasse de loin celle de toute autre complication. Elle requiert une connaissance approfondie de la théorie musicale et de la physique du son ainsi que l'aptitude à créer un instrument en miniature, capable de transformer la précise mesure mécanique du temps en un univers de pures harmonies.
Rédaction en ligne
Un nouvel exploit de JAEGER-LECOULTRE Quelques rares manufactures ont osé affronter ce redoutable défi que constitue le développement de l'heure musicale. La Manufacture Jaeger-LeCoultre est l'une d'entre elles et se targue, à juste titre, d'avoir conçu et fabriqué jusqu'ici plus de 200 mouvements à répétition. Cette année, la Manufacture du Sentier n'a pas hésité à entreprendre la conquête d'un nouveau Graal horloger en construisant un calibre entièrement inédit, qui incorpore une Grande Sonnerie à Carillon Westminster. En plus de répéter les heures, quarts et minutes à la demande la Grande Sonnerie sonne automatiquement au passage les quarts et les heures écoulées. Cette montre de poignet est la seule à faire entende la mélodie la plus longue jamais jouée par une montre à sonnerie et elle réunit dans un boîtier classique un calendrier perpétuel et un tourbillon volant. Cette montre s'inscrit dans le déjà fameux ensemble « Hybris Mecanica » -élu « Montre de l'année » par les journalistes spécialisés dans un notre magazine d'octobre 2008- et qui comporte également un « Girotourbillon » dans la ligne « Master » et une « Calendrier Perpétuel » dans la ligne « Reverso ».
La mélodie naît du son et du rythme Le cerveau du mécanisme de sonnerie est constitué d'une tour complexe à trois étages, d'une hauteur de 5,15 millimètres. Le « limaçon » des heures, les cames des quarts et le limaçon des minutes sont regroupés sur un seul et même axe pour réduire le volume du mécanisme de sonnerie et éliminer les célèbres « surprises », mécanismes destinés à empêcher les montres à sonnerie de frapper accidentellement 14 minutes ou trois quarts à l'heure pleine. Essentiel dans une montre à répétition et à grande sonnerie : la régularité du rythme et le silence du mécanisme. Pour y arriver, l'Hybris Mecanica à Grande Sonnerie recourt à un régulateur centrifuge disposé sur un volant afin de contrôler l'énergie délivrée par le barillet de la sonnerie. Contrairement aux dispositifs conventionnels, il opère de manière entièrement silencieuse en écartant ses masselottes en platine vers l'extérieur afin de réguler le flux d'énergie, selon les lois de la force centrifuge. En règle générale, le boîtier de la montre sert de caisse de résonnance pour amplifier la vibration des timbres de la répétition. Ici, les timbres sont directement soudés sur la glace de montre, ce qui permet d'émettre le son hors du boîtier avec une puissance et une diffusion encore jamais atteinte à ce jour. La qualité sonore d'une montre dépend également dans une large mesure des timbres, les éléments essentiels qui produisent le son, de manière assez semblable aux cordes frappées par les marteaux d'un piano. Confectionnés dans un alliage spécial en une seule pièce qui s'étend du support -le talon- au timbre proprement dit, ils présentent une section carrée, en opposition à la section ronde traditionnelle, offrant une surface de contact plus importante avec le marteau. Enfin, comme chacun sait que le diable se cache dans les détails, les horlogers de Jaeger-LeCoultre ont mis au point des vis spéciales destinées à accroître encore la tenue de l'ensemble et à réduire le risque de desserrement à long terme - particulièrement important compte tenu des vibrations acoustiques.
La boîte à sons Jusqu'ici, apprécier la qualité du son produit par une montre musicale était essentiellement affaire de subjectivité, et par conséquent, dépendant de l'acuité de l'auditeur amené à la juger. Pour éviter ce caractère aléatoire de la mise au point, les horlogers de Jaeger-LeCoultre se sont associés à un groupe de spécialistes acoustiques avec l'aide desquels ils ont mis au point une ingénieuse « boîte à sons ». Il s'agit en fait d'un caisson acoustique, doté d'une cellule d'enregistrement auquel est soumise la sonnerie de chacune des répétitions produites dans la maison. Un équipement de contrôle détermine alors en décibels les valeurs des deux critères essentiels d'une sonnerie : la longueur du son, appelée « tenue » et jugée en « milli-sons », ainsi que sa richesse. Des critères minima sont déterminés, en dessous desquels une montre réclame une nouvelle mise au point. Comme le souligne Gérôme Lambert : « Cette volonté s'inscrit dans la philosophie de Jaeger-LeCoultre qui veut que la qualité intrinsèque d'une montre - et plus précisément d'une fonction - est une chose qui se mesure. Tout comme la qualité d'un Tourbillon se mesure par sa précision, et les concours de chronométrie permettent d'établir à coup sûr quelle est la montre la plus précise, qui a le meilleur réglage, et ce dans la continuité du temps. »


