LES CADRANS EXTRAORDINAIRES
mardi 04 mai 2010, 19:34
On dit qu'il est le visage de la montre, le reflet de son âme, son arme de séduction tout autant que de protection de son précieux mouvement. Mais quand un créateur entreprend de concilier le savoir faire horloger avec la technique décorative, le cadran devient uvre d'art, témoignage de sensibilité, de poésie, d'émotions.Sous les doigts d'artisans d'exception, il fait revivre le langage de l'esprit et perpétue la tradition d'un métier qui garde précieusement ses secrets.
Rédaction en ligne
L'HEURE ONIRIQUE de Van Cleef & Arpels
Depuis que le groupe Richemont a placé Stanislas de Quercize à la tête du prestigieux joaillier, celui-ci fait merveille pour apporter à cette vénérable maison un « vent de fraîcheur » sur l'ensemble des collections et plus particulièrement sur les lignes horlogères. Chaque saison s'accompagne aujourd'hui de montres à l'audace créative toujours inattendue, ponctuant un temps toujours synonyme de rêve et de poésie. « Pour moi, un garde-temps féminin doit toujours raconter une histoire » précise-t-il. « Que ce soit les montres « Charmes » ou encore les « Alhambra », elles ont toutes quelque chose à dire. En dansant au rythme des pas, elles souhaitent toutes l'année à leur heureuse propriétaire, la santé, la prospérité et, surtout, le véritable amour ! Nos créations de Haute Horlogerie font appel aux techniques artisanales pour, ici, cueillir une fleur magnifique, là, saisir un battement d'ailes, un envol gracieux. Tout comme nos « Complications Poétiques », dans lesquelles le temps se lit à la manière d'une promenade romantique et amoureuse. »
Le Pont des Amoureux L'une des pièces les plus étonnantes de la nouvelle collection de VAN CLEEF & ARPEL est, à coup sûr, celle qui raconte l'histoire de deux amoureux qui vont à la rencontre l'un de l'autre. Sur ce passage si cher à tous les amants du monde, la promenade romantique des deux personnages va marquer le temps qui passe jusqu'au rendez-vous tant attendu. En fait, c'est grâce à un mouvement rétrograde dissimulé sous le cadran, qu'ils avancent l'un vers l'autre jusqu'à minuit, pour finaliser leurs retrouvailles. Si la technique horlogère que cache ce garde-temps original est ici, remarquablement exploité, le travail d'émaillage, réalisé sur le cadran, constitue une « première » que l'on doit au talent d'une jeune artiste genevoise, Dominique Baron, qui dirige « L'Atelier », l'entité créative de STERN, l'un des cadraniers du Groupe Richemont. Elle parle de son travail avec la même passion qu'elle met pour réaliser ces véritables petits chef-d'uvres.
La technique dite « du contre jour » « À la base, nous retrouvons la technique aussi appelée « grisaille », utilisée au XVIème siècle par les émailleurs de Limoges et, à la même époque, dans certains procédés de la peinture. Le fond du cadran est d'abord émaillé avec deux noirs très profonds - l'un translucide, l'autre opaque - donnant par moments certains reflets blancs, évoquant la nuit. Sur ce fond noir, on va travailler avec le fameux « blanc de Limoges », un émail broyé très fin, et qu'on utilise à la façon des peintures miniatures, à l'aide d'un pinceau ou d'une aiguille. Les grains d'émail blanc sont mélangés à une essence, placés le plus légèrement possible, et sous l'effet de la cuisson, littéralement « absorbé » par le fond noir, pour générer un effet « diaphane ». On procède alors, couche par couche, avec ce même blanc, absorbé chaque fois par un passage au four, qui va donner naissance aux diverses nuances de gris. Chaque cuisson fait naître de nouvelles images qui écrivent, petit à petit, l'« histoire unique » de la montre. Par ailleurs, pour amplifier encore l'impression de contre-jour, et cacher les aiguilles qui animent l'effet de rétrograde, le cadran est composé de trois parties : à la base, une plaque émaillée peinte entièrement, par-dessus un second cadran en demi-cercle lui aussi en émail, et un fond en or qui assemble le tout et fait le lien entre les deux. »


