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Georges KERN (IWC)

 

 
    «  Faire du neuf, mais avec du sens  »

    Rédaction en ligne

    Georges Kern : Avant tout, je pense que nous allons assister à deux phénomènes importants et concomitants : - le partage du monde en deux grandes parties (l'une gagnante, comme la Chine,… l'autre perdante, comme une partie de l'Europe) - la segmentation entre des industries qui gagnent (… et donc des marques qui progressent et celles qui perdent.. et ce, avec une intensité beaucoup plus forte que par le passé).

    Cette évolution va voir la disparition sur les marchés de tous les fabricants (… et produits) de niveau moyen, de qualité médiocre. Cette remise en cause fondamentale des grands secteurs économiques, s'accompagnera - d'après moi - d'une nouvelle hiérarchie des valeurs, avec un retour vers le contenu, les racines, l'histoire, le patrimoine,… au détriment du superflu, du superficiel !!

    Passion des Montres : C'est déjà le cas sur le plan horloger ? G.K. : C'est, avant tout, une question d'adaptation au changement ! L'industrie horlogère - qui est l'une des plus segmentée du monde - a tous les atouts pour répondre à ces nouvelles exigences… et profite, par là même, d'opportunités phénoménales ! Imaginez qu'en 2020 il y aura 300 millions de Chinois susceptibles d'accéder à ce type de produit ! S'ils ont des exigences spécifiques… on les apportera tout en restant une « marque globale », celle qui les fait rêver quand ils sont à Paris, à Milan, à Dubaï, …

    P.M. : Les progrès de la technologie, l'apport de matières nouvelles vous sera d'autant plus utile pour aller dans cette voie. G.K. : Absolument… mais avec une réserve importante : veiller à que ce que nous faisons de neuf ait toujours du sen. Je refuse de « faire du titane pour faire du titane » si celui-ci n'a pas une fonction ! Tout comme je refuse d'entrer dans l'escalade des « concept watches » ! Si nous faisons de belles montres… c'est pour qu'on puisse les acheter.

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